Lien immatériel

Lien immatériel

Comme un lien invisible, le téléphone portable nous permet de garder le contact avec nos proches. Si avant ce lien était un sentiment, il est possible désormais de s’assurer de la santé de ses proches, à tout moment. Enfin, pas n’importe quand non plus. C’est un des grands apports de la technologie, faire disparaître les distances, en tout cas sur le plan relationnel. 

L’évolution des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) a changé notre relation aux autres. Le téléphone avait déjà commencé à le faire. Il présentait un inconvénient de taille : il fallait être dans une pièce précise. Alors la possibilité d’être n’importe où et de pouvoir contacter n’importe qui n’importe quand a modifié la donne. Nous ne sommes plus dépendant d’une pièce ou d’une cabine téléphonique et le lien reste présent. 

Pourtant cette capacité n’est pas sans problème. Si cela rassure les parents de pouvoir contacter leurs enfants, où se situe l’usage raisonnable des téléphones portables ? La question relève de la psychologie plus que de l’informatique. Lorsqu’on introduit la technologie dans notre civilisation, celle-ci s’adapte et modifie son équilibre. Et l’adaptation se fait à différente échelle.

Au niveau familial, à quelques exceptions près, les règles de vie sont connues et respectées. Cette nouvelle TIC est un apport positif dans les relations humaines. L’usage est contrôlé. Certes le risque de dépendance à la technologie existe mais les dérives sont rares car il ne s’agit que d’un moyen parmi d’autres pour échanger avec ses proches.

Par contre, au niveau communautaire, des problèmes commencent à apparaître. Le groupe peut se former suivant un centre d’intérêt : une passion commune ou un rejet commun. Dans ce dernier cas, le sujet rejeté peut se voir poursuivi au-delà de son espace physique, les TIC ayant aboli les frontières. Le harcèlement scolaire n’est pas un phénomène nouveau. Mais lorsque, même sa chambre n’est plus un espace sûr, les conséquences peuvent être dramatiques.    

Plus un groupe est important et plus les enjeux le sont. Les enjeux des entreprises privées font que les téléphones portables sont devenus des chevaux de Troie efficaces. Et nous sommes la cible. Si on passe l’insupportable démarchage téléphonique, les tentatives d’escroqueries par mail, … notre confiance dans les marques ne dépassent pas la relation tarifée. Et il ne vaut mieux pas creuser au risque d’être inévitablement déçu.  

Au niveau des États, ce pouvoir d’échanger à tout moment avec ses concitoyens devient critique. Si un gouvernement use de ce pouvoir pour protéger (alerte enlèvement, alerte météo, …), il peut aussi être suspecté de le détourner pour d’autres usages : propagande, manipulation de masse, … Diviser pour mieux régner est d’autant plus facile lorsqu’on accède directement à l’esprit de sa cible. 

Ce lien invisible créé par les TIC nous influence. Christian Combaz (CC) dit que les serviteurs de la matière font le siège de l’esprit mais il va leur échapper. La première partie peut paraître complotiste. La matière, le téléphone portable, peut servir à nous influencer. Plus les sources nous sont éloignées et moins l’intérêt individuel est évident. Souvent, il s’agit d’un intérêt commun qui est brandi. Encore faut-il déterminer qui est ce ‘commun’ ?

La seconde partie de la remarque de l’écrivain dépend de nous. Pour que cette formule soit vraie, il nous faut confronter les informations à notre connaissance et que nous utilisions ce même média pour apporter nos divergences. Mais quelle part cela représente-t-il réellement alors que la plupart des gens sont des consommateurs ?

Ce lien immatériel, lorsqu’il est purement technologique, est un oxymore. Même si nous ne pouvons ‘toucher’ les ondes électro-magnétiques à l’origine de ces technologies, elles existent. C’est la ‘matière’ des TIC. Ce lien est réel et doit être utilisé afin de progresser et non de nous diviser. Pour cela, il faut commencer à un niveau local avant d’envisager le monde.

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