La liberté ne se reconnaît qu’à ses limites

La liberté ne se reconnaît qu’à ses limites

Comme nous l’avons vu précédemment, Internet correspond à l’unification de réseaux privés régis par des contrats financiers. Il faut dire que tirer les câbles et créer des points de connexion entre le client et le réseau de niveau 3 est loin d’être gratuit. Sans parler des autres niveaux. Tous ces équipements nécessitent de l’énergie pour fonctionner. Lorsqu’on fait l’addition, le coût du service rendu est raisonnable. 

A partir de 5 € par mois en France, nous avons accès à des services que nous n’imaginions pas il y a 20 ans : téléphonie/visiophonie, accès aux films et aux musiques, achat et vente de biens et services, partage des connaissances, … sans contrainte de distance. C’est une révolution pour nos civilisations. De nouvelles organisations se sont développées et ont remis en cause les anciennes. Cette liberté d’entreprendre ne plaît pas à tout le monde.

Les régimes autoritaires

Imaginons qu’un État soit majoritaire chez le fournisseur d’accès à Internet (FAI) unique du pays, ou qu’il soit propriétaire du réseau qui interconnecte les FAI avec le reste du monde. Sous couvert de protéger ses citoyens des attaques venant de l’Internet, il peut parfaitement les isoler du reste du monde. Et ce, d’une façon plus sûre que les fermetures de frontières. 

L’argument sécuritaire peut s’entendre. Quotidiennement, le moindre site Internet subit des dizaines d’attaques. Les utilisateurs ne s’en rendent pas compte car les contre-mesures sont nombreuses et connues des administrateurs pour bloquer ces agressions. Mais cela a un coût. Et un serveur mal protégé peut bloquer l’activité d’une entreprise. La grande muraille numérique de Chine apparaît comme un outil essentiel de son économie. 

Le revers de la médaille est qu’à tout moment un gouvernement peut fermer ses frontières. Opposants et rebelles disparaissent au mieux dans le vide numérique. Sans information, aucune pression internationale ne peut s’exercer.  

Les entreprises

Tout le monde n’a pas la puissance étatique. Pour autant, il faut bien protéger ses affaires. Le Bizz avant tout.  Les techniques sont nombreuses pour museler ses concurrents sur la Toile. Rachat du nom de domaine, patents troll, faux avis, attaques DDOS,… tout est bon pour freiner ses concurrents sur Internet.

Le Faussaire est consultant pour ces grandes sociétés. La discrétion doit être de mise car si un journaliste fait bien son travail, la réputation des clients de notre escroc en prendra un coup.

Même au niveau des FAI, les coups bas existent. Il y a quelques années en France, ils s’entendaient pour faire un minimum d’investissement et imposer un coût d’accès élevé pour le client. Free a rebattu les cartes : 2 fois. Pourtant, il peut arriver que les techniciens d’un groupe débranchent les clients de l’autre, involontairement bien sûr. 

Les censeurs

On retrouve aussi au niveau humain des explications à ces situations de remise en cause de l’accès à Internet. Le réseau permet à tout le monde de s’exprimer. Pour moi, si quelque chose ne me plaît pas, je préfère l’ignorer que lui donner de l’audience. Il est regrettable que des usages néfastes soient réalisés avec ces outils. Et s’ils enfreignent les lois d’un pays, ils doivent être combattus dans le monde réel. 

Mais ce n’est que mon avis. Sous couvert d’anonymat, des censeurs signalent tout contenu qui leur déplaît et forcent les fournisseurs de services à les retirer. C’est normal lorsque le contenu est illégal ou dangereux. Mais les dénonciations imaginaires se sont multipliées. C’est un outil pratique pour faire disparaître les voix divergentes. Le point Godwin n’existe plus lorsque toute pensée différente est considérée comme fasciste.  

La neutralité du net est remise en cause aussi bien sur des aspects techniques qu’humains. Pourtant, nous ne ressentons que peu ces attaques. C’est la preuve de la viabilité de l’organisation mise en place. Pour autant, rien n’est réellement acquis et nous devrions chercher d’autres mécanismes pour protéger ce principe. 

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