Le résistant

Le résistant

Suivant les théories de rangement de Marie Kondo, les câbles représentent le mal. C’est une plaisanterie, je n’ai pas lu son livre ni regardé sa série sur Netflix. Je constate cependant que les câbles tendent à disparaître ou à se faire plus discret. Fini les fils entrer votre souris/clavier et votre ordinateur. Charger un téléphone ne nécessite plus de câble vers le chargeur, … 

Il y a bien un secteur où les câbles persistent : la réalité virtuelle. Personne ne souhaite transformer sa tête en antenne wifi. Un câble persiste donc et transmet dans un sens l’image et la l’énergie nécessaire à alimenter le casque, dans l’autre sens les mouvements de tête du joueur. On me dit dans l’oreillette que ce câble tend à disparaître : Oculus Quest.

Les câbles n’ont pas totalement disparu. Dans certains cas, ils sont indispensables. Nos équipements électroniques ont besoin d’énergie pour fonctionner ou pour se recharger. Les câbles sont alors cachés derrière les meubles et connectés aux prises. Des savants fous proposent bien des pièces où tout équipement est alimenté par des champs électromagnétiques. Déconseillé pour les électrosensibles.

De même, personne n’imagine que les équipements de sécurité dans une voiture conversent sans fil. Le châssis métallique n’aide pas. Et si l’information est perdue, le véhicule ne s’arrêtera pas à tant. Maintenant, dans une voiture les câbles sont cachés. Ils ne dérangent donc pas 

Il reste donc des câbles. En réalité, il en reste surtout un : le câble USB ou Universal Serial Bus (Bus série universel). Et il sert à tout. Il transporte aussi bien les données que l’énergie. À sa création, son nom a suscité de nombreuses moqueries. Universel, rien que çà. En 1996, lors de ses premières spécifications, il existait des dizaines de types de câbles différents.

Ce qui distingue un câble d’un autre, c’est d’abord sa tête. À l’époque, pour brancher un scanner, une imprimante, une souris ou un écran, il fallait utiliser un câble particulier. De plus, il existait des variantes. Souris/claviers utilisés des connecteurs PS ou PS/2. Les ports séries pouvaient avec 9, 15, 25, … broches. Je vous laisse imaginer les quantités de câbles inutilisés qui traînaient dans les bureaux. 

Et le prétendant qui n’était compatible avec aucun autre type de câble se voyait les remplacer tous. Même mieux, il prétendait alimenter les périphériques et diffuser l’information si ceux-ci étaient branchés sur un multiplexeur. 25 ans plus tard, tout est devenu USB. Il est même possible d’afficher sur un écran en USB, et de l’alimenter. Et des dizaines de câbles ont été remisés au placard, ou envoyés au recyclage.

Le rêve de l’USB s’est réalisé. Mais ce rêve a un coût. Sa tête a évolué. La tête d’origine, USB-A, reste privilégiée sur les ordinateurs et chargeurs. Mais les équipements devenant plus petits, il a fallu revoir sa tête dans ces cas. Ainsi on a vu fleurir des mini-usb, micro-usb ou parfois des formats propriétaires. Mais ces errements de jeunesse disparaissent avec l’arrivée de l’USB-C.

Admettons que vous ayez la bonne tête, tous les câbles USB se valent-ils ? Peut-on alimenter un smartphone ou un ordinateur avec un câble qui n’est pas celui fourni par le constructeur ? Au final, un fil électrique c’est un fil électrique. Pourquoi payer 10 € quand on peut l’acheter 25 centimes sur Wish ?

Il existe en électronique une loi absolue : la loi d’Ohm (U = RI). Tout conducteur oppose une résistance. Elle est certes faible, mais sur un câble de 1 mètre, cela entraîne une baisse de tension. Votre smartphone attend une tension de 5V. Le chargeur fournit 5V et 0,5A. Si le câble a une résistance de 0,5 Ohm, votre téléphone recevra 4,75V. Cela passe. Avec un chargeur rapide qui envoie 5V et 2A, votre téléphone verra 4V refusera de se charger.

Ma framboise magique fonctionne dans ces conditions, mais elle me fait la remarque. La qualité du câble ne dépend pas de son prix mais de la construction du câble (le diamètre de la partie métallique en particulier). Les câbles colorés, tressés ou assortis d’autres fantaisie relèvent le prix mais sont rarement gage de qualité. 

Par contre, les constructeurs d’ordinateurs et de téléphones ont tout intérêt à ce que cela fonctionne. Certes le câble Samsung ou Apple coûte plus cher, mais il n’y aura pas de surprise, sauf si vous l’utilisez avec un chargeur acheté 2 € sur Alibaba. Dans ce cas, le résultat peut être fumeux. Canard PC connaît bien le sujet. 

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