Le retour des Panini

Le retour des Panini

Le propre de l’informatique c’est qu’une fois l’information est divulguée, elle est reproductible à l’infini. Cela permet à la culture d’être partagée à tous. Le problème de ce système est que la possession n’existe plus. Dès qu’une chanson arrive, elle se retrouve diffusée à l’infini, et tant pis pour les droits d’auteurs. Le problème financier demeure. Tout travail mérite salaire. 

A l’époque, les industriels avaient tenté d’imposer les Digital Right Management (Gestion des droits digitaux) ou DRM pour les intimes. L’idée était de chiffrer tous les fichiers diffusés sur Internet. Seuls ceux qui avaient la bonne clé pouvaient consulter le contenu. La clé était donnée à la volée par un serveur central après vérification de vos possessions numériques.

La technologie n’avait pas résisté aux pirates. Même la Hadopi a renoncé à lutter réellement contre le piratage du contenu. Les créateurs de contenu ont donc trouvé d’autres sources de financement. 

Mais la revanche arrive. Les chaînes de blocs (BlockChain – BC) vont apporter la solution. L’actualité se focalise sur ce qu’on appelle les NFT (Non Fongible Token ou jetons non fongibles). La fongibilité c’est la possibilité d’un élément d’être remplacé par un autre élément. Un jeton non-fongible est donc un élément unique dans la BC. Et celui-ci est associé à une ressource numérique (vidéo, musique, texte, code, image, …).

Et voilà comment grâce aux NFT, les industriels ont recréé la notion d’unicité et de propriété. P….n. Cette technologie pourrait être utilisée pour authentifier des éléments et donc limiter les faux contenus puisqu’ils permettraient de retrouver le contenu d’origine et donc de prouver la falsification et le piratage. Non, l’industrie et les spéculateurs s’en sont emparés avant. Et ils fourmillent d’idées toxiques. 

Une NFT est un jeton, comme une unité de monnaie numérique (le Bitcoin par exemple). De plus, attachés à des ressources numériques, ils sont utilisés comme titre de propriété. On se rappelle que les BC permettent de définir des plans de propriétés au Ghana. Alors, liées à un contenu numérique, elles doivent faire preuve. Et être échangées contre un paiement.  

Et c’est ainsi qu’une image disponible sur Internet s’est retrouvée vendue à 69 millions de dollars. Que va en faire le vendeur ? La garder dans son coffre-fort numérique ? Attaquer toute divulgation de l’œuvre puisqu’en tant que propriétaire, seul lui à le droit de la posséder ? Et qui achète aussi cher une image ? Un collectionneur d’objets d’Arts ? Un spéculateur qui espère la revendre plus cher ?

Deuxième exemple d’utilisation de NFT, la vente de Tweets. Vous ne rêvez pas. Il est possible de monnayer ses Tweets. Si vous êtes important, il y a des gens prêts à les acheter. Quel intérêt ? Le premier Tweet de la plateforme Twitter a été vendu 2,5 millions de dollars. Pourquoi ? Une société se propose d’établir la propriété d’un tweet par un NFT. Il est donc possible de revendre des messages créés par d’autres personnes. 

Je ne comprends pas ces deux situations. Qui peut acheter ? Le snobisme est de retour. Celui qui consiste à montrer ses possessions.

En tout cas, le troisième exemple me semble plus familier. Puisque les NFT permettent de créer la rareté d’une ressource. Elle permet aussi l’échange. Et comme les cartes Panini de notre enfance, il est possible d’acheter et de s’échanger en ligne les plus belles actions de la NBA (Association Américaine de Basketball) Désolé pour la vidéo en anglais, mais le service n’est pas disponible en Europe.

Formidable, les adulescents auront le sentiment de posséder sur Internet des images et vidéos que leurs petits camarades ne pourront avoir. En apparence, cela permettra de financer les producteurs de contenu sur Internet. En réalité, je doute que cette manne arrive dans les mains des créateurs. On consomme une énergie impressionnante pour … créer la rareté là où elle n’existait pas …. alors que les financements existaient déjà.

Et la suite ? J’attends le procès parce que le petit Tim de Cupertino qui possède la seule carte du dernier dunk de LeBron James a vu l’action diffusée à la Télévision. 

Les NFT pourraient permettre d’authentifier des actes pour éviter les contrefaçons numériques. Je parle des Deep Fakes qui permettent de créer de fausses vidéos à partir de documents originaux. Mais les financiers ont dit ‘preums’ sur cette technologie. 

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