Étrange annonce

Étrange annonce

Dans l’imaginaire, ce qui est sur Internet est gratuit. C’est penser que les gens qui ont travaillé sur ces créations littéraires, musicales, graphiques, audiovisuelles, vidéoludiques, … l’ont fait pour la gloire. C’est mon cas puisque j’ai un travail à côté. En retour, je n’écris que 2 articles par semaine. Je reste sur des sujets que je maîtrise dans un but de partage de connaissance. Je pourrais faire mieux, mais je ne veux pas consacrer tout mon temps libre à cela. 

Toutes les ressources disponibles sur Internet ne proviennent pas d’amateurs. Lorsqu’une radio propose ses émissions en Podcasts, on comprend qu’elles n’ont pas été produites gratuitement. Derrière chaque émission, se cache différents corps de métiers qu’il a fallu payer : scénaristes, présentateurs, monteurs, ingénieurs du son, … Et j’oublie les coûts administratifs et locatifs.  

Vous me direz qu’avant d’être des podcasts, ces émissions ont été rentabilisées. La publicité, les animations et le mécénat permettent de financer ces créations. Alors, elles peuvent ensuite être diffusées à l’infini sur Internet. Oui. C’était vrai il y a 15 ans. Mais de nos jours, la manne publicitaire a suivi l’audience, et s’est déplacée sur la toile. Et les autres médias ont perdu partiellement des sources de financement. 

Internet est désormais intégré comme un moyen de récupérer de l’argent pour les chaînes de télévisions et les radios. S’ils veulent bien diffuser leurs créations, c’est sous condition. Des publicités peuvent être intégrées automatiquement en début et en fin d’émission. Un épisode peut être proposé pendant une période. Ainsi, les applications de lecture de podcasts se sont retrouvées dans une situation étrange. 

A la base, un lecteur de podcasts est une application qui lit des fichiers de son. Bien sûr, le logiciel va récupérer ce fichier à partir d’un lien indiqué dans un flux RSS. Je doute que vous ayez renseigné le lien vers le flux RSS. Le lecteur vous a proposé de chercher dans un annuaire les émissions qui vous intéressent. Ensuite, vous vous êtes abonné au flux RSS. Ainsi, dès qu’un épisode est disponible, le lecteur le télécharge et vous indique que vous pouvez l’écouter. 

Les lecteurs de podcasts apportent donc une audience supplémentaire pour les créateurs. Mais, un producteur de contenu résistait encore et toujours à ces mécanismes de partage : Radio France. S’ils produisent d’excellentes émissions (au moins sur le plan technique), le seul moyen d’y accéder jusqu’à peu était d’accéder à leur site Internet ou en utilisant leur application.

Mais tout ceci est fini. Désormais, Radio France propose ses programmes sur les autres services de baladodiffusion. L’accord est signé. Vous pourrez retrouver les meilleurs programmes du groupe sur Deezer, Spotify et sur les lecteurs principaux lecteurs de Podcasts. 

Je m’interroge. Radio France est un groupe qui gère les radios publiques comme France Inter, France Info, … Et il me semble que leurs émissions étaient accessibles en flux RSS depuis longtemps. Donc, il s’agit plus d’une mise à jour donnant accès à des contenus supplémentaires sous conditions. 

On pourrait se dire qu’une entreprise publique se devrait de partager ses contenus quelle que soit la plateforme. Mais non. Il semble aussi que la dotation de l’État diminue. Nécessité fait loi et Radio France cherche à accroître son audience. Bien sûr, ils imposent leurs conditions. Les émissions diffusées sur les autres plateformes le sont en rattrapage. La disponibilité l’est donc dans le temps (7, 30 ou 90 jours suivant l’émission). 

Que se passe-t-il si une émission est chargée sur le smartphone d’un utilisateur ? À la date de péremption, est-elle supprimée de son téléphone ? Je ne pense pas. Autrement. Cela reviendrait à s’approprier un bien qui appartient à quelqu’un d’autre. Cela me rappelle d’anciens débats sur les DRM, la taxe sur la copie privée, … Le lecteur de Podcast doit-il refuser de la lire ? Ce serait une solution acceptable.

Lorsque l’argent entre dans une équation, tout devient rapidement compliqué. Les droits d’auteurs touchent le domaine du numérique et de l’informatique. Et je ne sais comment l’aborder. Quand on voit comment le simple sujet des podcasts devient complexe. Je vais écouter un épisode de  Tintin pour me détendre.

Laisser un commentaire