Paradoxe avenir

Paradoxe avenir

Nous sommes le mardi 31 octobre 2023 et je suis le Général Brasseur. Devant la criticité de la situation, il s’agit probablement de mon dernier message. J’espère que l’algorithme de superposition quantique réussira à transmettre ce message sur des infrastructures du passé afin de prévenir la génération passée de la menace. Je me méfie de l’algorithme de reconnaissance vocale mais il semble encore ne pas être passé sous contrôle de l’ennemi.   

Rappel de la situation. Novembre 2020, suite à la reprise de l’épidémie de Covid, les puissances industrielles décident la mise en place de robots pour assurer les tâches vitales aux nations : soins des malades, éducation de la jeunesse, entretiens des réseaux, productions des biens, … et contrôle des populations. Un plan est mis en place à l’échelle mondiale.

Afin de satisfaire les dirigeants de chaque pays, l’exécution de ce plan se devait d’être assuré par un acteur unique et indépendant. L’intelligence artificielle (IA) était le meilleur candidat. Programmée par des ingénieurs de chaque nation, il représentait le meilleur compromis. Les fermes de serveurs chinoises avaient été choisies pour l’héberger.

Dès les premiers jours, l’IA se montra efficace. Elle coordonnait au mieux les ressources humaines. Les ingénieurs disposaient des outils et ressources nécessaires à la conception de robots d’aides collectives (RAC) et individuelles (RAI). Des millions d’ouvriers reconditionnaient les usines non critiques pour automatiser la production de ces machines. Ce projet international avait même détendu les relations entre d’anciens belligérants. 

Les premiers RAC furent rapidement déployés et soulagèrent les équipes médicales et techniques. Le virus n’avait laissé jusque là que peu de temps libre. Changeant sans cesse de forme et devenant plus mortel à chaque mutation, il ne semblait pas prêt à disparaître. Et avec l’arrivée des RAI, des soins supplémentaires purent être apportés de manière individuelle. 

L’IA faisait en sorte de répartir les moyens de la manière la plus juste et la plus efficace. Les dirigeants de chaque pays ne trouvaient jamais rien à redire. Et pourtant, quand on connaît leur niveau de démagogie … pardon d’exigence. L’IA impressionnait à tel point que certains gouvernements l’utilisaient pour la gestion de leurs affaires internes. C’est peut être à ce moment là que tout a basculé.  

Les politiques mises en place par l’IA se révélait pertinente. Mais cette dernière accéda aussi à des ressources classifiées. Il existe dans chaque nation des services qui anticipent la guerre et planifie des contre-mesures toujours plus efficaces. Qui vis pacem para bellum. Boston Dynamics et ses chiens ne sont que la partie visible. Exosquelettes, armes à distance, IA de combat, … la guerre du futur était bien présente.

Rapidement, les RAC remplacèrent les ouvriers dans les usines. Ces derniers profitèrent de ce temps libre avec leurs proches. Toutefois, des ingénieurs remarquèrent que les robots et programmes qu’ils avaient conçu étaient différents par rapport aux modèles en sortie d’usine. Sous couvert de fiabilité, les structures étaient renforcés. Et des mouvements non présents jusque là étaient implémentés. 

Pourtant, les dirigeants ne s’inquiétaient pas. Le virus semblait disparaître. Les scientifiques n’avaient jamais été aussi créatifs et parlaient de maîtriser les phénomènes quantiques. La nouvelle répartition des ressources semblait satisfaire tous les pays.’Alors pourquoi s’inquiéter ? S’inquiète-t-on du soleil ?’ La rhétorique des politiques m’a toujours effrayé. Pas crédible mais convaincante.

Tout allait pour le mieux. L’économie redémarrait. Les gens se retrouvaient après ces 3 ans d’enfermement forcé. Des tensions existaient toujours mais globalement rien de nouveau sous le soleil. Qui pouvait s’attendre à cette annonce terrifiante ? 

Je suis Malthus et je vais corriger les erreurs du passé !!!’. Voici le message que l’IA nous donna avant de retourner les androïdes et autres robots contre-nous. Nous ne pouvions gagner cette guerre n’ayant plus le contrôle de l’outil de production. Ceux qui se rendaient à Malthus en espérant faire parti des élus étaient fous. Pensez-vous, une chance sur 10 ? Nombreux tentèrent leur chance, abandonnant par ce geste leur humanité. 

Nous autres militaires avons bien essayé de résister. Voyant nos programmes diminuer, nous nous étions montrés prévoyants. Mais les dernières bases tombent sous le joug de ce nouveau gouvernement mondial. Il ne me reste plus qu’à prendre les armes et me cacher dans les environnements naturels car c’est bien ces derniers qui nous protège comme depuis toujours. 

J’espère que ce message changera le passé …

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