Video killed the radio star

Video killed the radio star


Dans la Triforce de l’information 2.0, la vidéo est le média le plus utilisé. Bien que n’ayant pas la légèreté des 2 autres supports (texte et audio) et nécessitant toute l’attention complète de son public, la vidéo se révèle comme le support le plus utilisé. Ce support est aussi le plus complexe et le plus difficile à mettre en œuvre et requiert de nombreuses techniques.

Lorsque nous regardons une vidéo sur une plateforme de diffusion, nous accrochons ou non à son contenu. Le succès d’une vidéo dépend de nombreux facteurs. Le premier est la règle des trois unités : un lieu, un temps, une action. Cette règle bien connue du théâtre classique permet au public même néophyte de comprendre l’objet de la vidéo même sans en connaître le fond. 

Un deuxième facteur est la technique. Vous pouvez avoir le meilleur scénario ou le meilleur concept du monde, s’il est mal capturé et mal présenté, il ne trouvera pas son public. Une mauvaise captation du son et votre message est perdu. Une vidéo trop sombre n’aide pas à garder son public. Et ne parlons pas des effets de zoom pour donner l’impression de dynamisme qui provoque plus de nausées qu’autre chose. 

Les acteurs aussi ont un rôle important dans la qualité d’une vidéo. Souvent, nous n’entendons que leurs voix. Ils impriment le rythme. Combien de temps tiendrez-vous si l’animateur se reprend et place des ‘euh’ chaque trois mots ? Lorsqu’ils sont filmés sur fond vert ou dans des décors naturels, leurs expressions permet une identification et donc une meilleure immersion. Le parfait acteur réussi dès la première prise mais il n’existe pas. 

Faire une vidéo nécessite donc des compétences dans des domaines variés. Pour tourner un film, en plus des acteurs, ce sont des dizaines de personnes présentes pour le tournage de 2 minutes d’un film, en une journée. Sur Internet, les compétences sont les mêmes mais les moyens sont bien moindres. Tour à tour le vidéaste amateur endosse les rôles de scénariste, caméraman, preneur de son, acteur, monteur et producteur. 

De l’autre côté, son audience est toujours plus pressante. Une vidéo par quinzaine, c’est trop peu ! Une vidéo de 15 minutes peut parfois nécessiter 32 heures (4 jours) de travail. Le pauvre Youtubeur qui veut plaire à son public, en plus de son travail, consacrera l’intégralité de ses temps libre à son prochain sujet. 

Vous trouvez que 32 heures c’est beaucoup pour 15 minutes de vidéo ? Positionnons-nous dans le cas où nous maîtrisons notre process de production. Unité de lieu et de temps sont donc ritualisées. Il reste à définir l’action, le sujet de la vidéo. 

Avant de parler d’un sujet, il vaut mieux le connaître. Donc, il faut effectuer des recherches, recouper des articles, des témoignages, … comme se doit de le faire un vrai journaliste. Ensuite, il faut écrire un script, un scénario. Le sujet se doit d’être découpé pour être plus facilement compris par notre public. Les séquences de la vidéo sont identifiées lors de cette phase. Déjà 8 heures passées. 

Vous me direz, nous pouvons commencer à tourner. Que nenni. Un peu de préparation s’impose. Nous ne sommes plus au temps de ‘C’est pas sorcier !‘ et de ses maquettes. Cela n’empêche l’intégration de visuels dans la vidéo. Ces éléments doivent être créés et animés pour illustrer notre action. Et encore nous considérons que séquences d’introduction et de conclusion sont déjà existantes. 8 heures de plus.

Nous pouvons enfin passer au tournage. 15 minutes me direz-vous. Si tout se passe bien. Entre la mise en place de la scène, l’impression du script, la préparation des séquences, … vous ne serez pas devant la caméra ou le micro immédiatement. Et vous tournez. Bien sûr, vous ne faites pas les 15 minutes d’une traite. Ce sera au mieux 3 x 5 minutes. Ou 15 x 1 minute. Vous enchaînez les plans et reprenez plusieurs fois jusqu’à être satisfait de votre prestation. Encore 8 heures. 

Il ne reste plus qu’à monter les plans tournés et à envoyer sur Internet. Le montage signifie regrouper les plans. Les synchroniser. Supprimer les éléments non désirés ou ajouter d’autres éléments. Incruster des effets visuels … La mise à disposition de votre vidéo, c’est juste faire glisser votre fichier vidéo dans un formulaire, et le compléter. Oui. Mais pensez que la plateforme peut générer des sous-titres. Vous allez être ravi de retaper votre script. Et 8 heures pour finir.

Faire une vidéo de qualité, c’est un travail à temps complet et cela nécessite de nombreuses compétences. Tout travail mérite salaire. Et pourtant, votre audience se plaindra des publicités affichées en début de vidéo et de vos partenariats. Relever la barre demande beaucoup d’abnégation.

Sinon, si vous trouvez que 32 heures de travail pour 15 minutes de vidéo, c’est trop pour devenir la star d’Internet, il existe un raccourci : devenez commentateur. Pas de script, quasiment pas de montage. Il suffit juste de critiquer le travail d’un vidéaste ou de lire/visionner les productions des autres. Et si vous commentez des jeux vidéo c’est encore plus simple. Une PS4 suffit et c’est bien plus rentable. Allez Kéké !!!

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