Traumatisme artificiel

Traumatisme artificiel

Si vous vous souvenez de vos cours de SVT au lycée, notre cerveau est composé de neurones qui communiquent entre eux. Pour cela, un neurone transmet l’information à un autre neurone par un axone et reçoit les informations grâce à ses dendrites. Le lien entre axone et dendrite d’un neurone est appelé synapse. Un neurone évalue ses entrées, et suivant des coefficients qui lui sont propres, envoie en sortie une information vers un autre neurone ou vers des muscles. 

Les neurones sont regroupés en zones plus ou moins spécialisées dans le traitement de certains types d’informations. Ainsi, les neurones qui traitent les informations issues de nos sens n’ont pas les mêmes ‘paramètres’ que ceux qui commandent nos muscles. En passant, par plusieurs groupes différents de neurones qui ont des fonctions diverses, nous contrôlons notre corps et prenons nos décisions. 

De manière simplifiée, cette organisation est l’explication des neurochirurgiens de la machine humaine. Si nous utilisons cet algorithme de fonctionnement, nous créerons alors une intelligence à notre image … ou presque. Voir mon article précédent ‘Esprit es-tu là ?’, je doute d’une telle simplicité de l’intelligence humaine.

L’idée est donc de créer des programmes (entrée/traitement/sortie) qui imitent le fonctionnement des neurones. On a alors un premier niveau de programmes qui lit des entrées. Ce groupe de programmes traite ces données pour les simplifier et les transmettre à un deuxième groupe de programmes qui traite autrement l’information et renvoie à un troisième groupe. Après avoir traversé quelques zones, l’information transmise au dernier groupe peut être interprétée de manière générique. L’image en entrée est une table. La voix dit ‘Il fait beau’.

Mais comment ces programmes (neurones) décident quels paramètres permettent de traiter l’information ? Pour cela il faut passer par une phase d’apprentissage. On passe en entrée du premier groupe de notre réseau de programmes des photos d’un objet. On indique au dernier groupe qu’il s’agit d’une table. Les programmes de chaque groupe calculent les paramètres qui permettent de déterminer que l’objet est une table. 

Des milliers de photos peuvent être nécessaires pour apprendre à une intelligence artificielle (IA) quand deux photos sont nécessaires pour un bébé de 6 mois. Remplacez en entrée, une image par un son, une écriture manuscrite ou autre et votre réseau de neurones se spécialisera dans l’un de ces domaines. Ce sont donc des milliers de micro-programmes qui s’auto-paramètrent pour résoudre un problème complexe mais simple. 

Au final, les stratégies évaluées par le réseau de neurones pour prendre ses décisions est une boîte noire pour l’informaticien à l’origine du réseau. Ce dernier ne peut extraire l’algorithme exact de décision tellement le nombre de paramètres et les corrélations utilisées sont nombreuses et étranges. Qui monterait dans un voiture dont aucun ingénieur ne peut expliquer son mécanisme exact ?

En agissant ainsi, on crée des applications spécialisées qui peuvent traiter des questions comme décrire une image ou lire un texte manuscrit. L’intérêt est de remplacer les humains pour ces tâches répétitives. Un humain a besoin de sommeil, pas la machine. Enfin, en réalité, il faut bien passer par une phase d’apprentissage. Et souvent, cette phase nécessite qu’en amont des humains aient décrits les entrées aux machines. Captcha

J’espère vous avoir un peu plus éclairer sur l’intelligence artificielle et comment cela fonctionne. Le domaine réserve bien d’autres surprises mais finissons sur un fait amusant : les IA destinées à décrire des images. En 2015, une IA de Google a indiqué ‘gorilles’ pour décrire deux personnes de type africain. Cette année, une IA de Facebook a confondu des oignons avec une paire de seins. 

Il faut relativiser. Ce type d’erreur est assez rare. À la décharge de l’IA de Google, la photo était sombre et les programmes se devaient de reconnaître de très nombreux objets. Pour l’IA de Facebook, son rôle est d’écarter les publications pornographiques. Pensez que sa phase d’apprentissage a nécessité de lui soumettre des dizaines de milliers d’images érotiques. Après cela, comment ne pas avoir l’esprit tordu ?

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