Notch !

Notch !

Il était une fois un petit geek qui aimait jouer sur l’ordinateur de son père, un Commodore 128. On était dans les années 80 et le petit Markus appris rapidement à se servir de la machine. Il aimait créer des jeux et se révélait doué pour la programmation. Il créa son premier jeu à l’âge de 8 ans et s’amusa tellement qu’il voulut en faire son métier. Un développeur de jeux vidéos, à l’époque, quelle idée !

Le temps passa et ce rêve de gamin se réalisa. L’époque avait changeait. Au début des années 2000, les développeurs de jeux vidéos approchaient le statut des cinéastes. Ceux qui étaient vus 20 ans plus tôt comme des originaux dans leur garage étaient désormais considérés comme des artistes à part entière. Leurs  créations fascinaient un public toujours plus grand. 

Markus n’était encore personne dans ce monde. Il travaillait pour un modeste studio qui développait des jeux pour mobile : King. Petit développeur dans un petit studio. Si cela payait correctement, le succès ne venait pas. Et Markus avait du mal à accepter les décisions de ses chefs. Il devait se conformer à un cahier des charges, à des choix qui ne lui semblaient pas amusants. 

Sa créativité, Markus l’exprimait lors de concours de développeurs de jeux vidéos comme la Ludum Dare. Ces pauses créatives dans son quotidien contractualisé alimentait ses rêves. À ses 30 ans, après un bilan et 4 ans de bon et loyaux services, il quitta le Roi pour réaliser ses rêves. Son projet serait le jeu parfait selon ses ambitions. Le jeu de sa vie. Il y croyait. Il créa son studio de développeurs, Mojang, et se mit à la tâche. 

Son jeu ? Un bac à sable. Vous incarnez un personnage dans un décor infini. Des plaines, des collines, des lacs, … tous composés de petits cubes. Ces cubes peuvent être ramassés par le héros comme matériaux (mine) et combinés pour créer des cubes avec d’autres propriétés (craft). Ainsi, le héros peut les assembler différemment pour créer maison, labyrinthe ou tout autre idée présente dans l’imaginaire du joueur. 

Pour rendre le jeu plus attractif, Markus ajouta un bestiaire classique et des antagonistes étranges. Tel Robinson Crusoé, le joueur se devait d’adapter son territoire pour améliorer son quotidien. Le jeu a rapidement eu un petit succès parmi ses amis, les amis et de ses amis, … Ce succès permettait à Markus de vivre confortablement de sa passion. Imaginait-il que son jeu deviendrait un phénomène ?

5 ans après sa sortie, Minecraft s’était vendu des millions de fois. Chaque jour, des milliers de joueurs diffusés leurs créations dans le jeu sur les réseaux sociaux. Markus ne savait pas gérer un tel succès. Des entreprises commençaient à s’emparer du jeu pour proposer des jouets. Lorsque Microsoft lui proposa de racheter son jeu, Markus ce dit qu’il était temps de passer à autre chose. 

Les équipes Marketing de la firme de Redmond avaient des ambitions fantastiques pour le jeu, et le chèque donné au créateur en fut à la hauteur. À 35 ans Markus devint milliardaire en dollars. Quelle réussite pour un modeste développeur. Avec tant d’argent, il pouvait faire ce qu’il voulait. Riche et célèbre, et malgré ses nouveaux amis qui lui montrait comment dépenser tant d’argent, le bonheur lui semblait acquis. 

En réalité, Markus se sentait encore plus seul qu’il ne l’avait jamais été. Les fêtes auxquelles il participait lui semblaient vides de sens. Alcool et drogues sont des impasses de la vie. Dans sa propriété de Beverly Hills, la plus chère du quartier, il se sentait encore plus isolé. Quelques flatteurs souhaitait recueillir les raisons de son succès. Et lui, aimait donner son avis même sur des sujets qu’il maîtrisait mal.   

Twitter compulsif, ses propos maladroits, excessifs et déformés par des gens en manque de célébrité, provoqua le scandale et l’isola encore plus. Je ne cherche pas à l’excuser mais les excès sur Twitter sont courants de tous les bords. En tant que personnalité publique, il aurait dû se retenir d’écrire ces propos. Mais, il n’avait pas conscience de son statut parce qu’il n’avait pas voulu sa célébrité.

Ces excès dignes de Trump sur des thèmes loin de son domaine de prédilection ont été sanctionnées. La réaction de Microsoft a été logique. Il se sont détachés du créateur de leur jeu phare et ont fait disparaître toutes références à lui dans le jeu. Sur le plan légal, ils sont dans leur droit. Cependant, Minecraft restera l’oeuvre de Markus.

Enfin, il semble que le développeur ait retrouvé la raison. Ses derniers tweets indiquent qu’il est reparti sur ces premiers amours : le développement de jeux vidéos sans contraintes imposées par des financiers. Le Twitter compulsif (plus de 75 000 tweets) reste désormais sur des sujets issus de la culture populaire Geek. Il financera peut être la suite de ‘Sonic spinball’.

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