Pour le royaume !

Pour le royaume !

Depuis l’origine, l’envie est un moteur de notre existence. Nous sommes de plus en plus nombreux. Nous voulons toujours plus de services et de possessions. Nous n’avons pourtant qu’une seule planète. La solution est donc de faire toujours mieux avec toujours moins. Tout un programme pour de nombreux partis politiques. De l’ultra-libéral au communiste assumé, tous jurent avoir la solution.  

Dans le royaume de l’informatique, cette problématique ne semblait pas avoir lieu. Chaque année, les équipements étaient plus puissants et les réseaux plus rapides. Mais que faire d’une telle puissance de calcul ? Une compétition purement intellectuelle existait et ses habitants s’ingéniaient à proposer les meilleures stratégies pour répondre au mieux au défis soumis par leur souverain. 

Pourtant, dans les coulisses du royaume, la situation avait changé. Le bon roi avait fait alliance avec le monde extérieur. Les représentants de ce dernier lui avaient promis des ressources illimitées si en contrepartie, il résolvait des problèmes toujours plus complexes. Ainsi, pendant des décennies, la puissance du royaume informatique s’accrut de manière exponentielle. 

Bien évidemment, le royaume ne grandissait pas à ce rythme même si la population augmentait régulièrement. La force de son royaume venait de son organisation. Ainsi, lorsque qu’un sujet résolvait un problème, il offrait la solution à tous les autres sujets du royaume. Le roi ne refusait jamais les nouveaux entrants qui prêtaient allégeance à la couronne. Il leur trouvait toujours des occupations.

Cependant quelque chose dans le comportement de ses partenaires extérieurs étonnait le roi. Si les machines et réseaux étaient plus performants, pourquoi fallait-il toujours améliorer les performances des algorithmes ? L’augmentation de la rapidité des réseaux n’étaient-elle pas suffisante pour répondre au besoin de ses partenaires ? Toutefois, cela paraissait être un défi amusant. 

Prenons l’exemple des vidéos. Au début des années 2000, son suzerain X. Niel avait réussi avec ses hommes à transmettre les émissions télévisuelles à travers Internet à qui le demandait. En 20 ans, certes l’image s’était améliorée. A l’époque, une image était constituée de 240 lignes et 320 colonnes pour 25 images par seconde. De nos jours, la résolution standard, dite Full HD, est constituée de 25 fois plus d’éléments, et est distribué à tout le monde.

Les sujets avaient bien travaillaient. Les électroniciens avaient améliorés les débits disponibles. La fibre avait multiplié par 50 le débit proposé à l’origine par l’ADSL. Les spécialistes des algorithmes avaient réduits la taille des flux vidéos. Pourtant, les partenaires du roi n’étaient jamais satisfaits. Plus ils en avaient et plus ils en voulaient. 

Au niveau des émissions, on est passé de Cauet à Hanouna, et de Loft Story aux Anges de la téléréalité. Le constat est amer pour le roi. Pour un tel usage, on aurait pu rester avec les standards de communication précédents. Ses partenaires ne désiraient pas tirer l’humanité vers le haut comme lui le faisait en son royaume. L’informatique n’était qu’un domaine utile pour asseoir leur pouvoir.

Sans s’en rendre compte, le roi avait aussi perdu son pouvoir. Il était devenu un vassal. Ses partenaires contraignait ses sujets à ne plus se transmettre le fruit de leurs trouvailles. Adieu partage des connaissances. Seuls l’esprit de compétition restait. Ainsi, le roi ne se retrouvait plus dans ce royaume divisé par des guerres externes. Pourtant, ses sujets continuaient à respecter les principes du royaume. 

À l’insu des partenaires, les informaticiens continuaient à partager leurs connaissances. Certes la plupart des ressources du royaume servait à alimenter les armées de consommateurs des partenaires. Mais, le royaume avait bien grandi. Il pouvait en retour influencer le monde réel.

Apporter la bonne information à la bonne personne. Voici le plus grand défi de notre royaume. Il peut exister plusieurs solutions à un même problème. Encore faut-il que celles-ci soient connues ? Ainsi, nous permettrons aux autres domaines de diffuser leurs solutions aux maux actuels que cela concerne un individu ou l’humanité entière. Cela sera-t-il suffisant ?

Laisser un commentaire