Je twitte donc je suis ?

Je twitte donc je suis ?

Chaque homme du XXème siècle aura son 1/4 d’heure de gloire !”. Cette citation souvent attribuée à Andy Warol a été popularisée bien avant les réseaux sociaux (RS). Internet était encore confidentiel à l’époque. Mais au début du XXIème siècle, les choses ont clairement changé. L’arrivée de RS de taille mondiale a révolutionné la célébrité’ (fame), pour le meilleur et pour le pire.

Je ne vais en retenir qu’un seul ici, Twitter. Un RS se caractérise par rapport à :

  • son implantation (urbaine, régionale, nationale, mondiale), 
  • l’authenticité de ses utilisateurs (anonymat, déclaration, cooptation, contrôle gouvernemental),
  • son mode de communication (texte, images, vidéos),
  • son mode de recrutement de l’audience (privé, groupe de connaissance, public).

Twitter a coché les cases pour accéder à un maximum d’audience. Tout utilisateur de ce RS peut poster un message et n’importe qui peut le lire. Le lien est fait par des ‘hashtag’ : # (dièses en français). Il s’agit de référence. En recherchant ces références, on retrouve les messages liés. Il est possible de s’abonner à un compte utilisateur (@) pour voir ses messages. Les messages sont textuels. 

Les hommes politiques et les personnalités publiques se sont rapidement emparés de cet outil. La possibilité de parler à tout le monde n’importe quand permet de diffuser ses ambitions et de mesurer son influence. Il est difficile d’être en permanence sur le terrain et de twitter en continue. Des ‘web content managers’ (Pardon, ‘responsables éditorial web’ en français) diffusent alors les pensées des Grands de ce monde. 

Ainsi, chaque jour, n’importe qui peut déposer sur Twitter ses idées, ses envies, ses inquiétudes, … en espérant être lu. Dans cette intelligence commune, peut être quelqu’un pourra apporter une suite à la réflexion. Enfin, cela c’est dans un monde merveilleux. J’ai oublié d’exprimer un point, il est très facile d’être anonyme sur ce réseau. La plupart des comptes sont faux. Et les pires trolls se cachent derrière. 

Explication. Pour se connecter à Twitter, il faut avoir un compte utilisateur. Pour créer un compte utilisateur, il faut une adresse mail. Et cette dernière étape est très simple à réaliser. Tapez ‘créer boîte mail’ sur votre moteur de recherche et des centaines de sites vous proposerons cela sans que vous ayez besoin de montrer ‘patte blanche’. Il est même possible de créer des adresses mails temporaires. 

Le résultat de ce principe est que les comptes ‘anonymes’ se sont multipliés. Ils ne sont pas très difficile à reconnaître. Une photo de profil de castor, un couple prénom/nom qu’aucun parent n’aurait osé donner à son enfant, et c’est parti. La deuxième caractéristique de ces comptes sont les propos tenus. En temps normal, lorsqu’on sait qu’on sera lu, on fait attention à nos propos. Ces comptes osent tout et insultent quasi immédiatement. 

Certains faux comptes se basent sur informations crédibles. Une photo réaliste et un nom réel. Dans l’article ‘Kylian le hacker’, j’évoquais l’histoire de Mehdi Meklat, qui sous couvert d’anonymat tenait des propos que même les pires dictateurs du XXème siècle n’auraient osé tenir. Un point Godwin pour moi

Le point Godwin est attribué à celui qui dans un fil de discussion sur un message initial évoque les nazis pour décrédibiliser son interlocuteur. Dès que vous n’êtes pas d’accord avec quelqu’un, traitait le de nazi (fasciste, capitaliste, …). Il devra alors se défendre de cette attaque et ne pourra plus réagir au sujet initial. Avec des comptes trolls à foison, le point Godwin est atteint souvent très rapidement. . 

Au final, Twitter est devenu le reflet du pire de notre monde. Le moindre sujet, même dénué d’intérêt peut être critiqué violemment. Facistes et anti-fascites s’insultent à la moindre occasion … en permanence au final. Je mets ces termes en italique. Je n’arrive pas à distinguer qui est qui dans les discussions. Si on ajoute les SJW (Social Justice Warrior), cela donne des séances d’autoflagellation incompréhensibles.

Heureusement que Twitter ne se résume pas qu’à ces cinglés. Il arrive qu’au détour d’un sujet, on trouve des humoristes, des passionnés, des intellectuels … qui cherchent à rendre ce monde meilleur en prenant du recul sur notre société et en partageant le positif. Twitter deviendra vraiment positif en levant l’anonymat. Succès ou progrès. Le second n’est pas encore pour demain sur Twitter.

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