Moi Simone …

Moi Simone …

Notre société est complexe. Nous sommes trop spécialisés pour survivre hors de son influence. Une des règle qui la régit est le commerce. Je crée des services, des programmes. Cela ne me permettra pas de survivre dans la nature mais mes créations intéressent mes employeurs. En contrepartie, ils me versent un salaire qui me permet d’acheter d’autres services, d’autres biens qui me sont indispensables.

Je ne vais pas expliquer la pyramide de Maslow. Le travail peut être vu comme une forme particulière de commerce. Dans ce domaine aussi, Internet a modifié les règles. Ce qui m’intéresse ici c’est la matérialisation du commerce sur la toile : les sites marchands. On en distingue deux types :

  • les sites spécifiques à un vendeur unique. 
  • les sites qui référencent les produits de plusieurs vendeurs. 

Avec la démocratisation d’Internet au milieu des années 90, certains commerçants ont vu dans ce nouveau média un moyen d’exposer leur activité. Les sites ont surtout un rôle d’exposition. L’activité de la société peut être mieux présentée que dans un encart des pages jaunes. On ne parle pas ici de vendre des produits. Le paiement sur Internet n’est pas développé. Les banques sont frileuses sur ce sujet. 

La Camif, la Redoute et les Trois Suisses font encore la loi sur le domaine de la vente à distance en France. Les sites vitrines permettent de prendre contact avec les clients. Les sociétés se contentent de respecter les règles de la vente à distance et d’envoyer leurs catalogues ou de dépêcher un commercial pour établir un devis ou un contrat.  

Les premiers sites marchands remontent aussi à cette époque. Amazon date 1994. Ebay, 1995. Alibaba, 1999. Les leaders actuels de la vente en ligne sont aussi vieux que l’Internet moderne. Ils ont aussi en commun d’être des ‘pure players’. Ce terme désigne les vendeurs qui ne possèdent pas de magasins physiques. Troisième caractéristique, ils servent aussi de plateforme de vente pour d’autres commerçants.

Pour émerger de nulle part, ces sites marchands ont commencé comme des sites spécialisés. Amazon ne vendait que des livres. CDiscount était spécialisé dans les CD. Ebay était un site d’enchère. Il mettait en relation des acheteurs et des vendeurs et agissait en tiers de confiance. Avec l’arrivée du paiement en ligne, les vendeurs sur Ebay se sont professionnalisés. 

Le tournant des sites marchands arrive au début des années 2000 grâce à deux événements majeurs. Les solutions logicielles libres (osCommerce en tête) arrivent sur le marché et permettent à n’importe quelle petite société d’avoir son site de vente personnalisé. Les banques autorisent la dématérialisation des paiements bancaires.

Ces évolutions encouragent des milliers de d’entrepreneurs débutants à se lancer sur le commerce en ligne. De plus, l’ouverture de la Chine permet l’importation de produit à bas coût et sa revente en Europe. Certaines maisons, certains appartements, se transforment en entrepôts pour des vendeurs amateurs. 

Mais des milliers de petits sites n’ont pas le même impact que les grands sites populaires. Ces derniers proposent en plus de leur produits, les produits d’autres vendeurs. Ils récupèrent une commission au passage. Les sites marchands arrivent réellement et gagnent en influence à chaque vendeur ajouté. Cette course à celui qui propose le plus de référence prend son essor au début des années 2010. Le commerce électronique entre dans les mœurs. 

Des produits fabriqués en Chine et proposés en Europe et Amérique par des vendeurs occidentaux. De l’autre côté, Alibaba est une plateforme chinoise de produits proposés par des revendeurs asiatiques. Récemment, des sociétés américaines et russes décident de prendre ce business de revendeurs chinois : ainsi sont apparus Wish et Joom.

L’Europe aussi cède aux sirènes de ce consumérisme débridé. Une différence mineure existe. Un certain patriotisme économique se met en place avec les outils des années 2000. Sous couvert d’écologisme et de localisme, les alternatives au commerce de masse se mettent en place. 

Les petites annonces aussi se sont mises à la page. Simone, iBazar a été racheté par Ebay mais grâce au ‘bon coin’, tu peux encore tout vendre et tout acheter entre particuliers. 

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